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On ne nous dit pas tout !

samedi 12 mai 2018.
 

On ne nous dit pas tout !

Tout d’abord, excusez-moi si j’enfonce des portes ouvertes, mais le traitement médiatique m’exaspère. 

Je parle de cette mesure de dédoublement des classes de cours préparatoire et cours élémentaire première année en REP+ et des classes de cours préparatoires en REP. Cette mesure est l’expression même, je l’ai entendu dire plusieurs fois sur des plateaux télé, de l’extrême sensibilité sociale de Macron. 

J’ai même entendu des gens opposer cette mesure à l’expression « Macron, président des riches ». 

Ce que je n’ai pas entendu, c’est que cette mesure se fait à moyen constant, c’est-à-dire que les administrations départementales de l’Éducation Nationale n’ont pas reçu un poste de plus.

Conséquences, ce sont des postes "Plus de Maîtres que de classes", des postes de remplaçant-es qui ont été récupérés pour pourvoir à la mesure Macronienne. D’autant que l’augmentation du nombre de classes, augmente le temps de décharge des directeurs-trices, d’où besoin supplémentaire en poste; rajoutons à ça une population enfantine qui augmente et moins de recrutements au niveau du concours (alors que la menace du changement du calcul des pensions des fonctionnaires annoncé dans sa campagne par l’ex-banquier de chez Rothschild, notre Emmanuel national va entraîner une forte demande de départ à la retraite). Je trouve important de le dire et la faire savoir : certes, il y a une mesure dont on évaluera un jour le bien-fondé, mais qui est payée cash par l'ensemble des personnels et usagers.

Une autre annonce a été faite par Jupiter: l’école (ou plutôt l’enseignement) obligatoire dès 3 ans. Rien de bien révolutionnaire, puisque 97 % des trois ans sont déjà scolarisés. Oui, c’est une bonne chose, mais… Je me rappelle que the magnificent Fillon avait promis, sous la pression des cathos intégristes de « Sens Commun » qui l’ont soutenu plus que plus, la scolarité obligatoire dès 5 ans. Pourquoi cette pression? Parce que les établissements scolaires privés sous contrat, donc les établissements privés confessionnels sous contrat, ne sont indemnisés par l’État que pour la délégation de Service Publique de l’Éducation obligatoire qu’ils assument. Donc jusqu’à maintenant, leurs classes maternelles leur servaient de produit d’appel sans subventions… Rendre l’éducation obligatoire dès 5 ans, a fortiori dès 3 ans change la donne ! Encore un coup bas porté au Service Public d’Éducation, à propos duquel je n’ai entendu que peu de réactions…

Supprimons un jour (un autre) férié chômé, pour augmenter les ressources de l’État afin de faire face à la dépendance de nos aîné-es. Cela permettra de récupérer 10 milliards d’euros pour cette cause. 

C’est sûr que cela a l’air bien, d’autant que je suis retraité… Mais quand « Joe La Buse » Raffarin avait changé le statut du lundi de Pentecôte de férié chômé, à férié travaillé, j’avais râlé mais m’étais senti comme gêné, voire égoïste de ne vouloir produire pour nos vieux. Car, c’était déjà « une journée de solidarité envers les personnes âgées ». 

À ce propos quand on voit le coût et l’état des EPADH, on peut se demander où est passé le fric. Passons

Mais d’abord, pourquoi récupère-t-on 10 milliards. Le calcul est simple, mais que vous êtes niais! Le PIB de la France (le fric qu’elle gagne en un an) était de 2 228,9 milliards d’euros en 2016, dernier chiffre connu source INSEE. Prenons un travailleur, il produit 365 jours de l’année – 52 x 2 samedis et dimanches – 25 jours de congés payés – 10 jours fériés chômés. Total 226 jours de production. Petite division 2 228,9 milliards / 226 jours = 9,86 milliards qu’on peut arrondir à 10 milliards. Donc, si on travaille un jour de plus, le PIB augmentera de 10 plaques qu’on convertira en compote de pommes au bénéfice des vieux… 

Qui peut aller à l’encontre de ce fait ? Eh bien, il y a de ça quelques années j’ai entendu un économiste qui disait que ce raisonnement n’était que de la poudre aux yeux, ou plutôt une mesure politique de revanche sur les travailleurs. Et, il a sorti cet argument massue : « puisqu’on ne produit aucune richesse pendant ces jours fériés chômés, supprimons Noël et son cortège de traditions, de cadeaux, d’emplettes, de déplacements, de location ; le PIB n’en sera aucunement affecté ! ». Merci Monsieur, dont j’ai malheureusement oublié le nom, de m’avoir ouvert les yeux. Ces jours-là sont des jours de production de richesse comme les autres, ne nous bourrez pas le mou.

Encore une chose sur l’Éducation, et ce venant d’un de ses anciens ministres. « Dans la vie quotidienne, les maths ne servent strictement à rien », a en effet affirmé l’essayiste Luc Ferry, dans la matinale de LCI. Et d’ajouter sans ambages : « Les maths ne sont pas très utiles à l’issue de leur enseignement à l’école. Je n’ai jamais utilisé, même pas 30 secondes, ce que j’ai appris en maths. Les identités remarquables, ça ne m’a jamais servi à rien ». Après Nicolas Sarkozy qui avait dénigré « La princesse de Clèves », voilà l’autre tarte qui s’exprime sur « les tas de mathiques ». Juste un petit rappel, il ne sert strictement à rien de connaître « l’allégorie de la caverne » de Platon, de savoir que les Arabes vers l’an 850 pratiquaient des opérations de la cataracte alors que les médecins occidentaux pratiquaient des saignées pour soigner des hémorragies, de connaître des auteurs comme Rabelais, Descartes, de connaître le théorème de Pythagore sur les triangles rectangles, de savoir que tout corps plongé dans l’eau subit une poussée opposée égale au volume de liquide déplacé (Archimède, salut mon pote…), d’avoir une idée sur le mécanisme de la photosynthèse, de connaître le process de fabrication d’un circuit électronique…

Cela ne sert strictement à rien, et allons plus loin les mécanismes opératoires sont inutiles puisqu’on a des machines à calculer qui coûtent rien, et lire pourquoi alors qu’on a des livres audio ! Ferry-boîte (comme on dit à Marseille) semble ignorer que l’enseignement c’est avant tout la formation des esprits avec la manipulation d’objets mentaux. On peut accéder à celle-ci en résolvant des situations problèmes, des démonstrations mathématiques, tout autant qu’en imaginant la suite des opérations et du matériel nécessaires à la réalisation d’un objet, tout autant que la réflexion nécessaire à l’élaboration d’une dissertation. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait un esprit bien fait ! Quant à l’autre quiche, qu’il ne parle que de ce qu’il maîtrise : RIEN.