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Forum Social Mondiat 24 29 mars 2015 Billet N°4

lundi 30 mars 2015.
 

Tunis , Forum Social Mondial
Billet 4 : L'Education au FSM de Tunis 2015


La questions d'éducation n'étaient pas au centre des débats du FSM mais présentes tout de même:
- soit de manière pointue dans des ateliers ayant comme sujet «le droit à l'éducation pour les enfants réfugiés» ou «une éducation basée sur les droits humains entre le concept et la pratique en Palestine »;
- soit dans l'idée de promouvoir l'éducation dans un domaine particulier avec des ateliers comme «Education à la citoyenneté» , «éducation à la solidarité internationale» ou encore «éducation aux sciences et à la transition »;
- soit sous forme de réflexion autour de thèmes comme «violence scolaire» , «un enseignement secondaire pour tous ?», «le e-learning ?»...
Les ateliers «l'éducation n'est pas une marchandise, ni ici, ni ailleurs» ou «non à la privatisation de l'éducation par TTIPP, CETA, TISA» s'interrogeaient sur les menaces qui pèsent sur les services publics d'éducation liées à la mondialisation libérale.
Le premier atelier a permis une discussion entre des syndicalistes enseignant-e-s de Tunisie, d'Algérie, du Maroc, de France, d'Italie du Québec, du Cameroun,... mais aussi des étudiant-e-s et des citoyen-ne-s concerné-e-s pas l'Ecole. Elle a montré qu'avec des rythmes et des approches différentes, quelques soient les pays, le processus est toujours le même.

Nous le savons depuis longtemps, grâce aux travaux de Nico Hirtt notamment, il existe une ligne convergente des politiques éducatives depuis plus d'une vingtaine d'années, impulsée par des grands organismes économiques, financiers et commerciaux: OCDE, Banque mondiale, FMI, OMC, ... Le capitalisme globalisé, toujours à la recherche de nouveaux investissements et de nouveaux profits Les services publics (santé, transport, éducation...) deviennent des marchés à conquérir. La table ronde de industriels européens en 1989 déclarait «l'éducation et la formation sont des investissements stratégiques vitaux pour l'entreprise ».

Cette marchandisation se développe suivant plusieurs formes : commercialisation de l'espace scolaire, production de services et produits éducatifs payants , logique de marché se développe à l’intérieur du service éducatif avec compétitivité et mise en concurrence des élèves, des établissements et même des enseignant-e-s par la multiplication des évaluations, palmarès ou enquêtes type PISA.
Ces phénomènes se sont amplifiés depuis la mise en place de politiques d'austérité pour soi-disant répondre à la crise. Au Québec, par exemple, l'Education Publique appauvrie a cherché des solutions de financement en augmentant les frais d'inscription en université. La mobilisation des étudiant-e-s dans un premier temps suivie par la population qui y avait bien vu là un problème de société a permis un recul du gouvernement qui a démissionné. Bel exemple, non?

Le second atelier portait sur les négociations secrètes d'accords de libéralisation entre une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis et l'Union européenne que WikiLeaks a fait fuiter. Après l'AGCS, TTIPP, CETA, TISA* représente un risque majeur d'ouverture du « marché des services » à la concurrence internationale. Éducation, santé, transports, télécommunications, eau, santé ... tous les services publics pourraient être concernés.
Ces accords viseraient à interdire toute intervention des Etats.

Aujourd'hui, un pays membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n'est tenu de libéraliser que les secteurs sur lesquels il a explicitement donné son accord. TiSA prévoit d'inverser cette logique en introduisant des listes négatives : seuls les secteurs cités explicitement dans les accords ne seront pas libéralisables. Tous les secteurs seraient donc concernés y compris l'Education, les Etats pouvant être poursuivis s'ils maintiennent les "monopoles publics".

Mais ces traités sont comme les vampires: plus on les éclaire, plus on en parle, moins ils pourront aboutir.
C'est pourquoi le 18 avril prochain, partout dans le monde, des initiatives auront lieu pour mettre en lumière ces accords de libre-échange et d’investissement qui sapent les droits et détruisent l’environnement.